samedi 18 août 2018

Aquarius, qui est concerné?


Alors que l'Aquarius était bloqué en pleine mer entre Malte et l'Italie avec 141 personnes à son bord, le Président des Ports Sud de France de la Région Occitanie, Jean-Claude Gayssot, a proposé à  SOS Méditerranée de l'accueillir à Sète.
Avec les les douze autres associations qui composent le collectif Sète terre d'accueil, nous avons appuyé sa proposition et demandé au Président de la République d'y répondre favorablement.
Sète n'est sans doute pas le port le plus proche de la zone où se trouvait l'Aquarius, mais il possède les infra-structures nécessaires à l'accueil du bateau. Le Port espagnol de Valencia n'était pas mieux situé, qui avait  reçu l'Aquarius au mois de Juin dernier avec 630 personnes à son bord.
Pourquoi  soutenir cette proposition?
Parce qu'aucun port de Méditerranée ne peut, ni ne doit, se sentir dédouané des appels lancés au large de ses côtes.
Parce que cette fois encore, il s'agissait de permettre rapidement que soit finalisée une opération de sauvetage en mer réalisée par l'Aquarius, et ramener sur la terre ferme ceux que l'on avait sauvés de la noyade -pour moitié des enfants- et qu'ils ne pouvaient rester confinés à bord indéfiniment.
Parce qu'une fois encore, nous étions sous la contrainte d'avoir à réagir dans l'urgence, du fait de l'incapacité des Etats Européens à se mettre d'accord sur une stratégie commune du traitement de cette grave question des migrations. 
Ce n'est pas faute d'interpeller depuis des mois notre gouvernement pour qu'il s'y emploie, y compris dans le cadre des  Etats Généraux des Migrations ! 

"Nous sommes en discussion avec les pays concernés pour que, dans le plein respect du droit de la mer, ce bateau puisse aller rapidement au port le plus proche" a déclaré avec assurance le Président de la République. 
Est-ce à dire qu'il y aurait, autour de la Méditerranée, des pays concernés dont le nôtre ne serait pas?
Ce n'est pas l'avis d'un certain nombre de responsables nationaux, régionaux et départementaux qui se sont exprimés, avec bonheur comme on pouvait l'attendre, en faveur de la proposition du Port.

"A-t-on demandé son avis au Maire de Sète?" a claironné un farouche opposant à l'accueil des naufragés.
Mais oui Monsieur, il semble que plusieurs médias aient tenté de le joindre, mais sans succès....
C'est bien dommage.

Janine Léger


dimanche 12 août 2018

1er Août 2018: ils l'ont votée!

La Loi Asile et immigration a été définitivement adoptée par l'Assemblée Nationale le 1er Août dernier, malgré les Etats Généraux des Migrations organisés par pas moins de mille six cent cinquante associations et collectifs ayant interpellé les Députés.
C'est l'esprit même de la Loi, tendant à considérer l'étranger a priori comme un fraudeur, qui constitue un recul flagrant des droits élémentaires.
Fichage, contrôles, tri et complexité accrue des procédures en sont les axes principaux, au mépris de la dignité et des droits fondamentaux des personnes.
Quelques exemples:
Allongement de la rétention inutile et coûteux, aux dires de tous les acteurs de la rétention, services de Police compris.
Suppression du recours suspensif pour les demandeurs d’asile et accroissement des procédures accélérées ne permettant pas de réunir les éléments nécessaires à l’examen de la demande.
Expulsions rendues possibles dorénavant sans passer devant le juge de la liberté et de la détention.
Temps de garde à vue inutilement  prolongé de 16 heures pour une personne contrôlée sans papier.
Durcissement de procédures pour les parents d'enfants français.
Possibilité pour les Préfectures de passer outre l'avis médical pour expulser un étranger malade.
Interdiction de retour constituant une double peine totalement injuste.
Enfermement de familles avec enfants et fichage biométrique des mineurs, contraire à la protection des Droits de l'Enfant en principe garantie par la Convention Internationale des Droits de l'Enfant.
Etc… etc…
La maltraitance institutionnelle observée ces dernières années par les acteurs sociaux et les associations de défense du droit des étrangers vient d’être  confirmée par le législateur qui en a fait officiellement une maltraitance d’Etat, sur le fondement d’une vision frileuse et étriquée des enjeux migratoires actuels, et bien loin du concept de mondialité cher à Edouard Glissantincluant pluralité, diversité et altérité.

Janine Léger