dimanche 8 juillet 2018

La fraternité, un principe constitutionnel

Ce vendredi, le Conseil Constitutionnel a consacré la valeur constitutionnelle du principe de fraternité dans l'aide aux migrants.
Le délit de solidarité comme on l'appelle, nous autres en fait, on s'en est toujours moqué. Même pas peur!
On connaissait la loi bien sûr, qui pouvait sanctionner de 5 ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende ceux qui aident les étrangers qui n'ont pas de papiers.
Pourtant rien ni personne n'avait jamais réussi à nous persuader qu'héberger, nourrir, transporter, accompagner ou aider des hommes et des femmes qui en ont besoin serait considéré comme un délit et pourrait  occasionner de gros ennuis avec la Justice à ceux qui s'y risquaient. On n'y pensait simplement pas. Pourquoi? 
Mais parce que des générations d'instituteurs nous avaient façonnés comme ça. De la leçon de morale jadis inscrite au tableau noir au conseil d'élèves débattant ensuite du "vivre ensemble" à l'école, on nous avait appris que pour être libres et égaux ils nous fallait d'abord être fraternels.
Ce 6 Juillet 2018, le Conseil Constitutionnel est venu confirmer que nos maîtres d'école n'avaient pas voué leur vie à une chimère et que l'attachement aux valeurs fondatrices de la République qui était le leur et qu'ils nous avaient inculqué n'était pas voué à l'obsolescence.
Alors si nous avons tout lieu de nous réjouir aujourd'hui de cette décision, ce n'est pas tant par soulagement de la disparition des peines encourues par les "solidaires" car elle ne changera pas fondamentalement nos pratiques. 
Non, c'est avant tout parce que cette résolution  contribue à rendre aux migrants  leur juste place: en consacrant la valeur constitutionnelle du principe de fraternité avec les étrangers sans papiers, elle signe la reconnaissance de leur statut premier de victime avant celui de contrevenant à la loi.
Et c'est ce changement de focale qui en est la vraie victoire.
Janine Léger



1 commentaire:

  1. Très bien et très juste : ce n'est pas une victoire en effet mais une simple reconnaissance des valeurs de notre devise nationale...

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