samedi 14 juillet 2018

14 Juillet: A Sète, on marche pour des maisons, pas des prisons


Une centaine de personnes se sont rassemblées ce samedi 14 juillet sur la Place Aristide Briand à l'heure où le soleil était à son zénith, répondant à l'appel d'un collectif d'associations d'un formidable éclectisme*.
Toutes venues exprimer leur refus de l'enfermement des étrangers au simple motif qu'ils n'ont pas de papiers, elles ont demandé que la même énergie soit mise au service de l'accueil que mérite leur détresse.
Un sympathique et talentueux quartet de jazz s'est installé sur le kiosque pour le plus grand bonheur des passants et de la clientèle attablée sur la place.
Mais il faut croire que la prise de la Bastille avec des fusils en 1789 fut chose plus aisée que l'occupation ce 14 Juillet 2018, du kiosque Franke par deux guitares, une clarinette et un banjo, puisque la Municipalité fit évacuer l'orchestre sur le champ et ferma illico à clé l'accès au kiosque! Un geste fort, sur le plan symbolique, apprécié à sa juste valeur....  
Quelques prises de paroles plus tard, le cortège s'est mis en marche  vers le Centre de Rétention Administrative, Quai François Maillol.
Lectures de témoignages, et musique encore sous les fenêtres des "retenus" pour lesquels on demande des maisons, pas des prisons.

Liberté pour les exilés enfermés.
Egalité entre tous les habitants du monde quelque soit leur lieu de naissance.
Fraternité, sororité, solidarité.

Janine Léger

*Appel national du collectif Bizi
Organisateurs locaux: Alternatiba-Thau, Attac Sète Bassin de Thau, ExCRAdition Générale, Migrants Bienvenus 34, Sète Terre d'Accueil (ACAT, ADEP 34, ARFP, Bons Samaritains, Cimade Sète, Défense des Marins Abandonnés, Emmaüs, Femmes du Soleil, JRS Welcome Hérault, Pastorale des Migrants, Rencontres Citoyennes, RESF Sète Bassin de Thau).












dimanche 8 juillet 2018

La fraternité, un principe constitutionnel

Ce vendredi, le Conseil Constitutionnel a consacré la valeur constitutionnelle du principe de fraternité dans l'aide aux migrants.
Le délit de solidarité comme on l'appelle, nous autres en fait, on s'en est toujours moqué. Même pas peur!
On connaissait la loi bien sûr, qui pouvait sanctionner de 5 ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende ceux qui aident les étrangers qui n'ont pas de papiers.
Pourtant rien ni personne n'avait jamais réussi à nous persuader qu'héberger, nourrir, transporter, accompagner ou aider des hommes et des femmes qui en ont besoin serait considéré comme un délit et pourrait  occasionner de gros ennuis avec la Justice à ceux qui s'y risquaient. On n'y pensait simplement pas. Pourquoi? 
Mais parce que des générations d'instituteurs nous avaient façonnés comme ça. De la leçon de morale jadis inscrite au tableau noir au conseil d'élèves débattant ensuite du "vivre ensemble" à l'école, on nous avait appris que pour être libres et égaux ils nous fallait d'abord être fraternels.
Ce 6 Juillet 2018, le Conseil Constitutionnel est venu confirmer que nos maîtres d'école n'avaient pas voué leur vie à une chimère et que l'attachement aux valeurs fondatrices de la République qui était le leur et qu'ils nous avaient inculqué n'était pas voué à l'obsolescence.
Alors si nous avons tout lieu de nous réjouir aujourd'hui de cette décision, ce n'est pas tant par soulagement de la disparition des peines encourues par les "solidaires" car elle ne changera pas fondamentalement nos pratiques. 
Non, c'est avant tout parce que cette résolution  contribue à rendre aux migrants  leur juste place: en consacrant la valeur constitutionnelle du principe de fraternité avec les étrangers sans papiers, elle signe la reconnaissance de leur statut premier de victime avant celui de contrevenant à la loi.
Et c'est ce changement de focale qui en est la vraie victoire.
Janine Léger