lundi 4 juin 2018

Et même le Poufre était solidaire...


Bien sûr nous voulions rendre cette journée festive et elle le fut. La météo, la musique, les banderoles, les couleurs, les étoiles d'origamis, et 500 marcheurs joyeux et solidaires qui traversent la ville sous le soleil.
Parti du Môle à 11h, le cortège déroule lentement sa vague au son de la batucada le long des restos de la criée. Il fait beau, c'est dimanche et les terrasses sont pleines de monde. Nous voulions nous faire entendre: c'est réussi. Des applaudissements ça et là saluent notre passage. Des pouces se dressent en signe d'encouragement. Un musicien lève sa guitare et claque des accords de flamenco dans notre direction.
Vue sous cet angle, elle est pas belle ma ville? comme l'avait écrit jadis un journaliste relatant un autre événement citoyen organisé dans l'Ile Singulière. 
Bientôt le défilé investit  la Place de la Mairie pour un pique-nique partagé, sous l'oeil bienveillant du Poufre aussitôt drapé d'une toge digne de l'accueil du jour! 
Les marcheurs sont venus d'un peu partout et des demandeurs d'asile ont également rejoint notre "sit-in" festif. On goûte à tout autour des serviettes à carreaux déployées sur les pavés de la place, pendant que des enfants de toutes les couleurs s'éclaboussent avec l'eau de la fontaine. 
13h 30: il est temps de reprendre notre marche dans les rues plus ou moins animées de la ville et les réactions se font parfois plus directes.
"Prenez les chez vous!" lance une dame dans la file d'attente d'une boulangerie.
Vous avez parfaitement raison Madame, et nous sommes bien d'accord: il faut les prendre chez nous en Europe, en France et à Sète aussi. Que faire d'autre quand ils s'échouent à moitié morts sur nos côtes?
Enfin nous arrivons devant le Centre de Rétention Administrative où l'on enferme les étrangers qui ne parviennent pas à obtenir leurs papiers, dans des conditions qui ne font honneur à personne.
On entonne des chansons gaies, des chansons tristes et on colle des affiches pour dire les maux des "retenus".
Tout au long de cette belle journée, des orateurs, des artistes, des citoyens, des poètes, et des enfants aussi ont su trouver les mots et les gestes pour dire l'indicible et demander à être entendus.
Il est l'heure de se séparer. Voilà qu'il se met à pleuvoir...
Rentrés dans nos maisons, on apprendra dans la soirée que 48 corps ont été repêchés sur la côte tunisienne pendant que nous marchions dans les rues de Sète ce dimanche 3 Juin.

Janine Léger



































2 commentaires:

  1. oui très belle journée riche de messages, de poèmes, de prises de paroles, de musique, de réalisations artistiques qui sont l'illustration de l'absurdité du projet de loi asile et immigration. La dernière tragédie au large des cotes tunisiennes en est la douloureuse réalité.

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  2. Magnifique!Continuez à nous informer.

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