jeudi 29 mars 2018

Attention: chute de droits






Un nouveau projet de loi Asile et Immigration sera prochainement examiné par l'Assemblée Nationale. C'est le troisième en quatre ans, mais rien ne justifie une telle frénésie législative.

A l'Accueil Migrants Cimade de Sète, créé en 2006, nous recevons à peu près deux cents personnes par an.
On ne le dira jamais assez: comme Yazid, Lamine et Fadela (voir ici), tous migrent par nécessité. C'est la misère, la guerre, l'isolement, la soif de liberté, bref le désir légitime d'une vie meilleure, qui pousse les gens à s'exiler.
Savent-ils en partant qu'ils ne pourront pas travailler, pas se nourrir, pas se loger dignement?
Savent-ils qu'ils devront apprendre à vivre, parfois pendant des années, avec la peur d'être arrêtés et enfermés dans un Centre de Rétention Administrative comme celui que nous avons à Sète au Quai François Maillol, puis expulsés parfois sans ménagement?
Savent-ils qu'ils auront à subir le rejet, l'humiliation et la maltraitance, dans une indifférence quasi générale? 

Qu'il s'agisse des demandeurs d'asile que l'on renvoie sans examen de leur demande vers le 1er pays d'Europe où ils ont posé le pied, des mineurs étrangers isolés ou encore des femmes (et des hommes aussi parfois) victimes de violences familiales, mais également des familles Roms du Bd Martelli (pourtant européennes), nous faisons année après année ce terrible constat: la situation des sans papiers n'a eu de cesse de s'aggraver au fur et à mesure des différents gouvernements qui se sont succédés, toutes tendances politiques confondues, et il est de plus en plus difficile d'obtenir un droit au séjour en France.

Devant le projet de Loi qui s'annonce, il faut se mobiliser plus que jamais pour faire cesser la suspicion de fraude systématique qui prévaut  dans le traitement des dossiers, et refuser l'approche répressive des textes qui vont être proposés à l'Assemblée Nationale. Il faut que soit définitivement mis un terme à la violence institutionnelle et administrative, pour ne pas dire à la violence d'Etat, qui viennent s'ajouter à la souffrance des étrangers sans papiers.
C'est une question de dignité, pour eux comme pour nous. Laisser faire, c'est prendre le risque de perdre encore un peu de notre humanité....

Janine Léger

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