mercredi 20 décembre 2017

Oui à la liberté d'expression ! Non au mensonge !



Suite à cet article, le commentaire ci-dessous est paru sur la version électronique de Midi Libre.

Gaby 19 Décembre 15:41

Tiens, revoilà les généreux avec l'argent des autres. Sète avait déjà accueilli une dizaine de "gentils migrants" voici une paire d'années, au centre de vacances du Lazaret... Certains s'étant montré un peu trop pressants envers des lycéennes du Lycée Joliot-Curie tout proche, ils furent rapidement et discrètement exfiltrés sur insistance de la mairie, prenant prétexte de travaux "prévus de longue date" (dont personne n'avait entendu parler jusque là) dans le centre.... Que mesdames Léger et Jalla en prennent quelques uns chez elles si elles en veulent vraiment, on en reparle dans six mois.


Les articles de presse consacrés au sort des migrants et des étrangers en général suscitent régulièrement un certain nombre de commentaires malveillants.
Si je suis pour ma part, habituée à être personnellement prise à partie bien que cela m'étonne toujours, pour les actions auxquelles je participe, il m'est impossible en revanche de laisser passer sans réagir cette scandaleuse et mensongère affirmation concernant les migrants accueillis en 2015 au Lazaret, migrants osant à peine sortir seuls du Centre de Vacances où ils avaient pour un temps trouvé refuge!....
Ce sont là d'odieuses accusations, dont on se demande dans l'imaginaire de quelle sorte de cerveau elles ont pu germer!
J'en appelle également à la vigilance de Midi Libre concernant l'aspect diffamatoire d'une telle publication sur son site internet, susceptible de donner lieu à des poursuites judiciaires à l'encontre de son auteur.

La liberté d'expression oui, le mensonge et la diffamation non!
Janine Léger

mardi 19 décembre 2017

Sète terre d'accueil en Mairie



L’humanité de demain se construit par l’accueil des migrants

En cette journée internationale des migrants, nous pensons à ces milliers d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont péri en Méditerranée, dans le désert, ou en captivité, alors qu’ils avaient entrepris un voyage pour une vie meilleure, plus sûre et plus digne, comme tout être humain peut la désirer. Hommage à tous ces exilés qui ont dû risquer leur vie à cause de plusieurs décennies de politiques des pays les plus riches qui ont rendu les routes de l’exil impraticables et périlleuses. 

En cette journée mondiale des migrants, nos pensées se portent également vers tous et toutes ces citoyens et citoyennes engagé⋅e⋅s qui, en France, en Europe et dans le monde, pensent qu’accueillir les personnes migrantes, manifester de la solidarité envers elles, c’est construire l’humanité d'aujourd’hui et le monde de demain. Les obstacles mis sur les routes des migrants font le jeu des profiteurs de malheur, qui sèment le trouble et la terreur en se livrant au trafic d’êtres humains, au racket et à l’esclavage. Ces maux doivent être dénoncés et combattus. 

Or l'arsenal répressif déployé aveuglément par les gouvernements européens frappe du même coup les personnes migrantes, renforçant encore la nécessité pour elles de recourir à des réseaux criminels. La France est en première ligne de ce mauvais combat.
Une proposition de loi actuellement en discussion au parlement permettrait la rétention administrative anticipée des personnes « dubliné.e.s » * , puis, début 2018, un projet de loi sur l’immigration et l’asile risque d'accroître encore le dispositif de répression à l'encontre de l'ensemble des étrangers. 

Sans attendre l'adoption de ces réformes, le ministre de l’Intérieur, via une circulaire en date du 20 novembre, a exhorté les préfets à obtenir des résultats rapides en matière d’expulsion de personnes en situation irrégulière. Pour ajouter encore au caractère inacceptable de cette politique, d'autres mesures sont envisagées qui remettraient en question le principe de l’accueil inconditionnel dans les structures d’hébergement d’urgence, et viseraient à contraindre les acteurs associatifs opérant dans ces centres à participer au tri entre « bons » et « mauvais » migrants.   

L’action extérieure de la France est à l’avenant. Le Président Macron s’indigne du traitement des migrants détenus en Libye, et des marchés aux esclaves, qu’il feint de découvrir quand les ONG alertent sur leur existence depuis plusieurs années. Mais ni la France ni l’Europe n’envisagent de renoncer à financer les « autorités » libyennes pour qu’elles continuent de bloquer les migrants, et donc à fermer les yeux sur les violences et les trafics dont elles se rendent de fait complices. 

L’argumentaire est toujours le même : la France, comme l’Europe, ne peut pas accueillir toute la misère du monde... Sauf que « toute la misère du monde » n’a aucunement l’intention de venir en France ou en Europe ! Les chiffres l’attestent clairement. Entêtées dans cette logique manichéenne de tri, les autorités des pays européens refusent d’admettre que les causes des migrations sont multiples, et d'envisager, en conséquence, que les critères pour accueillir et accorder une protection le soient aussi. 

Dans nos actions de terrain, nous, associations et organisations citoyennes, constatons quotidiennement les conséquences de ces orientations : maltraitance des migrants, violation de leurs droits fondamentaux, criminalisation des bénévoles, affaiblissement des principes guidant le travail social et la protection des personnes les plus fragiles, et donc les fondements mêmes de la solidarité nationale. 

Cette politique se développe sans concertation large avec les centaines d’associations locales, collectifs citoyens ou organisations nationales qui travaillent aux côtés des personnes migrantes. En dépit de nos demandes, le gouvernement se barricade derrière ses certitudes, se limitant à quelques rencontres avec certains acteurs pour les informer de ses décisions et confirmer son choix de pratiques démagogiques, au demeurant dénuées de réalisme, érodant chaque jour un peu plus nos chances de construire un futur fait de droits, de solidarité et de respect. 

Dans ce contexte plus qu’inquiétant, nous avons pris l’initiative, le 21 novembre, de lancer les « États généraux des Migrations ». D’abord marqués par des rencontres en régions de tous les acteurs citoyens impliqués, les idées et propositions qui en émergeront seront ensuite discutées à l’occasion d’une session nationale plénière prévue au printemps prochain. Notre objectif est de faire ressortir des revendications communes et des propositions concrètes pour une autre politique migratoire, respectueuse des droits fondamentaux. 

Ce 18 décembre, en soutien à tous et toutes les migrant⋅e⋅s, nous sommes fermement décidés à promouvoir un changement radical qui mette un terme à ces politiques migratoires aux conséquences humaines dramatiques. 

*On utilise cette expression pour désigner les personnes « placées en procédure Dublin », c'est-à- dire que le règlement européen Dublin III autorise à renvoyer dans l'État de l'UE par lequel elles ont transité avant d'arriver en France.

413 associations signataires