samedi 16 septembre 2017

Du Mas Coulet au Bd Martelli, pas d'expulsion sans solutions !

Ce qu'en dit la presse, avec ses formules choc plus ou moins heureuses...

Sète : les familles roms à nouveau sur la sellette


Le Père Jean Landier (sur la photo) et Marie-Claude Dureux de la Pastorale des Migrants ainsi que Janine Léger de la Cimade Sète et Marie-Hélène Boileau (LDH) sont allés rassurer les parents inquiets vendredi matin. Photo j. légerLe Père Jean Landier (sur la photo) et Marie-Claude Dureux de la Pastorale des Migrants ainsi que Janine Léger de la Cimade Sète et Marie-Hélène Boileau (LDH) sont allés rassurer les parents inquiets vendredi matin. Photo j. léger L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise

L’immeuble désaffecté où sont installées ces familles Roms pourrait être démoli ce mois-ci. Une énième expulsion sans solution ne ferait que déplacer le problème.


Les familles roms installées depuis quelques mois dans un immeuble désaffecté au 644, boulevard Martelli (route de Montpellier) vont-elles, une fois de plus, être évacuées sans qu’aucune proposition de relogement ne leur soit faite ? C’est à craindre. En effet, ces femmes, hommes et enfants, déjà délogés de Béziers, Frontignan puis du Mas Coulet durant l’été 2015, ont appris le mois dernier qu’une nouvelle mesure d’expulsion avait été prononcée à leur encontre le 25 août.
« N’ayant pas été informés qu’une procédure était en cours, ils n’ont pas pu être représentés en défense devant le tribunal, déplore Janine Léger de l’Accueil Migrants Cimade de Sète. Nous demandons aujourd’hui un sursis à exécution, afin de permettre la poursuite de la mission d’accompagnement confiée depuis 2015 à l’association Deux choses Lune et à la Cimade par la Direction départementale de la cohésion sociale et la mise en place de solutions alternatives de relogement, conformément aux directives de la circulaire interministérielle du 26 août 2012. »
Sauf que jeudi, un huissier mandaté par la SA Elit (société d’économie mixte de la ville) est passé voir les familles pour leur annoncer que la démolition de l’immeuble était prévue le 15 septembre. « Une manœuvre d’intimidation », présume Janine Léger, qui s'est rendue sur place vendredi avec d’autres responsables associatifs pour rassurer les habitants. « Je ne crois pas possible que le maire, qui a prêté le serment d’Hippocrate l’engageant à protéger les plus vulnérables, puisse procéder à la démolition du bâtiment sans avoir assuré la mise à l’abri préalable des familles », s’indigne-t-elle.

« Seul le maire reste aux abonnés absents »

Une telle éviction mettrait un terme brutal au travail d’insertion mené depuis trois ans par un collectif associatif* en lien avec les services sociaux de la Ville (CCAS, PMI, DSD) et les personnels de l’éducation nationale. « La sédentarisation de ces familles est avérée, insiste la responsable de la Cimade. Les enfants sont scolarisés, l’accès aux dispositifs de santé est organisé et une dynamique vers l’emploi est instituée. Même la préfecture, qui a investi de l’argent public pour financer la mission d’accompagnement, a joué le jeu cette fois. Dans cette affaire, seul le maire reste aux abonnés absents. Pourtant, le dispositif inclut les collectivités locales. »
François Commeinhes s’est juste exprimé dans la presse la semaine dernière, suite à l’incendie d’une caravane où a été retrouvé le corps d’un homme carbonisé, pour réclamer l’évacuation du site. « Sauf que les personnes, qui vivent en caravane sur ce terrain et qui ont elles aussi besoin de relogement, n’appartiennent pas à la communauté rom », précise Janine Léger. Aux arguments avancés par le Premier magistrat sur la dangerosité des raccords électriques, elle répond : « Les familles ont demandé la pose de compteurs afin de payer l’électricité consommée, mais on le leur a refusé, au motif que la pose de compteurs officialiserait l’occupation des lieux. »
Le serpent qui se mord la queue. « Expulser une fois de plus ces gens sans solution ne fera que déplacer le problème », alerte la militante associative, révoltée par ces élus qui déclarent : « Pour les déloger, il faudrait un escadron de CRS. »
« Une expulsion ne pourrait être envisagée que si un terrain aménagé était prévu afin de ne pas remettre en cause l’accompagnement et la prise en charge des Roms actuellement menée », affirmait le préfet dans un courrier du 23 août. Des mots rassurants. Reste à voir les actes.
Emmanuelle Stange
*Ligue des droits de l’Homme, Pastorale des Migrants, RESF et Bons Samaritains.









Suite à la parution de ces articles, un certain nombre de personnes se sont indignées "qu'on aide les étrangers mais pas les français".
Afin de dissiper ce malentendu, il convient de préciser que la demande de solutions alternatives de logement avant expulsion concerne tous les occupants du site sans distinction: les familles Roms pour lesquelles des fonds européens ont été mis à disposition pour en accompagner l'insertion, mais également les personnes isolées sans domicile fixe installées sur le terrain mitoyen dont la prise en charge est répartie entre l'Etat et les Collectivités Territoriales.

La Circulaire du 26 Août 2012 régissant les opérations d'évacuation des campements illicites s'inscrit dans le cadre d'une politique urbaine de résorption des bidonvilles qui doit s'appliquer à toutes les catégories de population.
JL

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