vendredi 26 mai 2017

Réaction

Dans un communiqué publié le 21 Mai dernier, Madame Myriam Roques se déclare indignée de la démarche du collectif "Sète terre d'accueil" demandant que la ville de Sète soit candidate à l'accueil des réfugiés.

"Faut-il rappeler aux membres naïfs de ce collectif que le
chômage et la pauvreté touchent durement l'Ile Singulière?" écrit-elle.
Que madame Roques se rassure: conscients au moins autant qu'elle de la précarité qui frappe notre ville, nous en avons fait pour notre part une préoccupation quotidienne en accompagnant concrètement les publics concernés, dans le cadre de nos engagements associatifs respectifs. Aider les uns empêcherait-il donc de tendre la main aux autres?

"L'installation de migrants crée de graves tensions avec la population, et nuit à l'ordre public"
Vingt trois d'entre eux venus de la jungle de Calais ont été accueillis au Lazaret en 2015. La mobilisation citoyenne autour d'eux a été remarquable et a permis de rassurer ces réfugiés dont la plupart n'osaient pas sortir seuls du centre où ils étaient hébergés. Quelle nuisance ont-ils causé à la population sétoise?

"Accueillir des migrants représente un danger réel d'infiltration par des djihadistes".
Pourquoi faire de la personne réfugiée une menace a priori, alors que c'est elle qui fuit le danger, la guerre, la torture, la misère?.... La menace terroriste existe partout dans le monde, mais nous ne pouvons pas refuser d'aider ceux qui en ont besoin sous un tel prétexte. Même si nous savons que le risque zéro n'existe pas, il faut savoir raison garder: non, bien évidemment non, tous les migrants ne sont pas des terroristes. Refuse-t-on de circuler en voiture parce qu'un accident est toujours possible?

Enfin évoquer "un coût financier et social pour les communes, que les contribuables locaux ne peuvent absorber" révèle une méconnaissance absolue des circulaires émanant du Ministère de l'Intérieur qui précisent dans le Livret d'information envoyé aux Maires que c'est à l'Etat et non aux Communes qu'il appartient d'assumer la prise en charge financière de l'accueil des réfugiés.
Il est par ailleurs tout à fait injuste de laisser nos voisins italiens, dont les racines sont si profondément inscrites dans l'histoire de notre ville, assumer seuls l'accueil des migrants que les bateaux de sauvetage déposent sur leurs côtes après les avoir sauvés de la noyade.

Restant à la disposition de Madame Roques pour lui communiquer les informations qui lui manquent concernant cette initiative, je lui concède volontiers que l'on ne peut pas à Sète accueillir toute la misère du monde, mais devant les drames humains qui se jouent tous les jours dans la mer qui baigne nos côtes, il ne serait pas concevable que nous n'en prenions pas notre part.

Janine Léger




vendredi 19 mai 2017

Tous différents mais tous ensemble!

De gauche à droite: Réseau Education Sans Frontières - Ligue des Droits de l'Homme - Accueil Migrants Cimade de Sète - Rencontres Citoyennes - Les Amis des Marins - Service Catholique de la Pastorale des Migrants


Hommes et femmes venus d'horizons divers, nous avons des convictions religieuses ou pas, des appartenances politiques ou pas, nous sommes adhérents d'une association ou pas, mais tous, nous partageons le sentiment qu'il est impossible de rester indifférent devant les drames de l'immigration qui se jouent à notre porte.
Malgré l'expression outrageusement médiatisée d'une parole qui fait la part de plus en plus belle à la méfiance et au rejet de l'autre, nous savons que les habitants de Sète et du Bassin de Thau peuvent se montrer spontanément solidaires quand c'est nécessaire. Pour preuve la remarquable mobilisation citoyenne observée autour des réfugiés accueillis fin 2015 par le centre familial du Lazaret: dons de vêtements, de chaussures, ou de produits d'hygiène, cours de français et invitations en tout genre sont venus compléter le travail des associations qui ont accompagné ces migrants pendant leur séjour.
Même modestement, chacun ici a pu, et pourra à nouveau, apporter son concours à l'effort demandé aux nations pour accueillir les réfugiés qui fuient la guerre, la torture ou la misère.
Une première initiative destinée à faire connaître l'action de SOS Méditerranée en mer, ainsi qu'à sensibiliser les habitants de notre ville à l'accueil des réfugiés, a été organisée au Palace le 15 Avril dernier.
Deux courriers ont également été adressés, l'un en 2015, l'autre en 2016, au Maire de Sète qui, à ce jour, n'y a pas encore répondu.
Une pétition a ensuite été mise en ligne afin de permettre à ceux qui le souhaitent de rejoindre l'initiative qui, portée par une volonté citoyenne et associative forte, devra pouvoir s'appuyer sur la logistique et les infrastructures municipales.
C'est pourquoi, tous différents mais tous ensemble, nous demandons à la ville de Sète de participer à la chaîne de solidarité en portant sa candidature pour l'accueil des migrants auprès de la Préfecture de l'Hérault.

JL



lundi 1 mai 2017

1er Mai, pourquoi nous y étions!

                                                             


Ce Lundi 1er Mai 2017, les bénévoles de l'Accueil Migrants Cimade de Sète ont rejoint, avec d'autres associations, le défilé organisé pour la Fête du Travail.

Nous sommes venus défendre les droits des travailleurs les plus démunis et les plus exploités de notre société: les travailleurs sans papiers. 
Peu de gens le savent mais il y a dans notre ville des gens qui travaillent, pour pas grand chose parfois, qui paient des impôts locaux, mais à qui on refuse toujours un titre de séjour! Cette injustice doit être dénoncée.

Mais nous étions présents également parce que, entre ces 2 tours de l'élection présidentielle, une menace lourde de régression politique et sociale pèse sur notre pays. 

Il y a quelques mois, les élus du Front National au Conseil Départemental ont refusé de voter un projet culturel porté par la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau en direction des personnes précaires accompagnées par les associations, la Cimade y étant incluse. 

"La place de ces gens est dans les charters, pas dans les associations" a déclaré l'un de ces élus, ignorant peut-être que ce sont les mêmes qui construisent nos routes, gardent nos enfants ou s'occupent de nos personnes âgées!

Nous sommes venus dire que nous ne voulons ni de ce rejet de l'autre, ni du repli sur soi, prônés par ces élus.

JL