lundi 1 août 2016

Rencontre au Lazaret

                              

Sète : Regards croisés sur le rôle de la société civile

  • Écrit par  Emmanuelle Stange
  • samedi 16 juillet 2016 08:51
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Au centre familial du Lazaret, les jeunes ont pu rencontrer des militants associatifs locaux, de Sète et Montpellier. photo d.R.Au centre familial du Lazaret, les jeunes ont pu rencontrer des militants associatifs locaux, de Sète et Montpellier. photo d.R.L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise

Les citoyens peuvent-ils changer le monde ? Comment s’engager, où et pourquoi ? Allemands, Français et Ukrainiens, 18 jeunes ont planché sur le sujet au Lazaret la semaine dernière.

« La société civile et le mouvement associatif peuvent-ils être un rempart à la radicalisation ? » Après le massacre perpétré jeudi soir à Nice, cette question, posée la semaine dernière lors de la rencontre européenne organisée au centre familial du Lazaret à Sète, prend un relief particulier. Celui de l’urgence. Car face à l’impuissance des politiques à juguler le terrorisme, l’engagement des citoyens peut rallumer l’espoir.
Refuser la violence et apprendre à construire ensemble, tel était le credo des dix-huit jeunes, français, ukrainiens et allemands, réunis à Sète grâce à trois associations (Europe Unie, Interkulturelles Netzwerk et Green Cross society). « Financé en partie par l’office franco-allemand de la jeunesse, ce projet, qui a débuté en 2014, avait pour objectif initial de décrypter le conflit ukrainien, au-delà des médias, explique Pauline Wolf. Lors des rencontres organisées en Allemagne, à Kiev et puis à Sète a été mis en perspective le rôle de la société civile dans les trois pays. Par exemple, en Allemagne, elle est très impliquée dans l’accueil des réfugiés et en France, le mouvement « Nuit Debout » émerge. »
Au Lazaret à Sète, comme au Refuge à Montpellier, les jeunes ont pu discuter avec des militants associatifs locaux investis auprès des homosexuels, des sans-papier, des réfugiés, des personnes handicapées, etc. Interrogée par Thaïs, une jeune fille, sur le rôle de la société civile, Janine Léger de l’Accueil Migrants Sète (Cimade), répond : « Elle doit être un aiguillon pour les pouvoirs publics, car elle est susceptible d’influencer les décisions politiques. » Sur les raisons de son engagement, elle évoque pêle-mêle: « l’incapacité à supporter sereinement l’injustice du monde, le besoin d’humanité, la curiosité de l’autre, l’envie de créer des ponts entre ce qui est connu et ce qui ne l’est pas. »

Les combats et la vie au jour le jour à Donetsk

« Ces échanges ont permis aux jeunes d’avoir des exemples concrets de ce qu’on peut faire au plan local, témoigne Pauline. Car souvent, on a envie de changer les choses mais on ne sait pas comment s’y prendre. Quant aux intervenants, ils ont été heureux de voir des jeunes aussi impliqués. D’autant que certains sont originaires de Donetsk à l’Est de l’Ukraine, où les combats continuent. Dans leur pays, ils vivent au jour le jour et il a été compliqué pour eux d’arriver jusqu’à Sète. Au-delà des écueils administratifs, les tarifs du train et de l’avion ont flambé à cause de l’Euro. Ils sont donc venus en voiture et c’est long : 36 heures. »
En sortant de la réunion du Lazaret le 5 juillet dernier, Janine Léger souriait : « C’est vivifiant ce genre de rencontres. On devrait davantage écouter la jeunesse. Elle est d’une grande lucidité. Le monde est entre de bonnes mains. » Malheureusement, non. Pas encore...
Emmanuelle Stange
LA MARSEILLAISE DU LANGUEDOC