vendredi 1 janvier 2016

Le Lazaret, et après?

Article de La  Marseillaise du Languedoc Jeudi 31 Décembre 2015

Sète : que vont devenir les réfugiés du Lazaret après le 31 janvier ?

  • Écrit par  Emmanuelle Stange
  • jeudi 31 décembre 2015 12:22
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Joli succès du repas de Noël, organisé le 20 décembre dernier par « Les femmes du soleil ». D.R.
Joli succès du repas de Noël, organisé le 20 décembre dernier par « Les femmes du soleil ». D.R. L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise

  A Sète, grâce à la mobilisation associative et citoyenne, les migrants renouent avec la vie         mais leur avenir au centre familial du Lazaret reste incertain.

   Même si Sète n’a pas été épargnée par le tsunami électoral du FN, l’île singulière reste une     terre d’accueil. Pour preuve, les 27 réfugiés (afghans, éthiopiens, soudanais, libyen, érythréen   et palestinien) accueillis en novembre dernier au centre familial du Lazaret. Des hommes,         parfois des enfants, présents en France depuis quelques semaines ou parfois des années,       qui ont tous fui la violence, la guerre, la misère…

Des cours de français cinq jours par semaine

Cet hébergement, orchestré par l’association Deux choses lune* dans le cadre d’une convention passée avec la Préfecture, suscite de belles solidarités. L’AMS (accueil Migrants Sète - antenne de la Cimade), spécialisé dans la prise en charge des étrangers, le Secours populaire (qui prépare un réveillon pour le jour de l’an), le Secours catholique, les Femmes du Soleil (qui ont organisé un repas de Noël le 20 décembre), les Bons Samaritains ont en effet offert leur aide. Des partenariats ont également été établis avec le Comoedia, qui a donné des places de cinéma, le CCAS de Frontignan pour des trajets en bus gratuits, la MJC de l’Ile de Thau, la Mission locale etc… 
  « Tout le réseau associatif local s’est mobilisé, témoigne Janine Léger de l’AMS, mais aussi, et c’est particulièrement réjouissant dans le contexte actuel, de nombreux Sétois ont spontanément proposé leur participation : dons ou achats de vêtements et de produits de toilette de première nécessité, visites accompagnées de la ville ou encore balades à vélo. Par ailleurs des cours intensifs de français ont été mis en place cinq jours par semaine avec des bénévoles dont beaucoup sont des enseignants à la retraite. »
« Tout se passe très bien, confirme Baptiste Meneghin de Deux choses lune. Les réfugiés, arrivés de Calais dans un état d’épuisement physique et moral, récupèrent. Petit à petit, ils parviennent à retrouver un rythme de vie normal, même s’ils ont toujours du mal à parler de leurs parcours. Et puis, ils sont inquiets pour l’avenir car ils ignorent si leurs demandes d’asile aboutiront (beaucoup sont refusées) et où ils iront après le 31 janvier, date butoir de la convention passée entre la Préfecture et le Lazaret. Une directive stipule que la continuité de la prise en charge sera assurée mais où et comment, nous ne le savons pas encore. Cela devrait se décanter en janvier. »
« Le traitement des demandes d’asile par l’Ofpra** peut être long », avertit Janine Léger, qui ajoute : « Nous savons depuis le début que la mise à disposition du Lazaret est limitée au 31 janvier, car le centre de vacances doit ensuite reprendre le cours normal de ses activités. Nous espérons donc que les services de la Préfecture ont anticipé le transfert des personnes accueillies ainsi que la poursuite de l’accompagnement d’insertion dont ils bénéficient pour l’instant grâce aux associations et à la mobilisation citoyenne. »

Des mineurs placés, d’autres livrés à eux-mêmes

A noter que sur les neuf mineurs reçus en novembre dernier, deux ont été placés dans des centres d’hébergement spécialisés, trois sont en attente d’orientation, deux ont rejoint de la famille à Paris et deux sont partis, sans laisser d’adresse. De la « jungle » de Calais à celle de la vie…
Emmanuelle Stange

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